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Lion d'Argent du Meilleur Réalisateur au Festival du Film de Venise ; en sélection officielle au Festival du Film de Sundance et du Festival International du Film de Toronto...

Distribu� par :
Benelux Film Distributors
Ce film n'est plus à l'affiche

Women without Men

Critique :

(...) cinéma esthétique qui n’oublie pas d’être intelligent et intense (...)

Amateur de cinéma esthétique qui n’oublie pas d’être intelligent et intense, voici cette semaine « Women without men » de l’artiste plasticienne et vidéaste Shirin Neshat.

Une réalisatrice récompensée au festival de Venise pour cette évocation du destin croisé de 5 femmes en quête de liberté, d’amour et de plénitude lors d’une période politiquement troublée de l’Iran.

Rtbf.be par Cathy Immelen

Ce film poétique fait directement appel à nos émotions

Une femme seule sur un toit, ses cheveux longs dans le vent, on entend la prière dans la ville. L’image est épurée, les lignes sont simples, les couleurs, neutres. On sent une tension, le personnage de dos contemple le vide. Tout est dit dans ce premier plan.

Voilà l’univers de Shirin Neshat qui nous décrit, dans un savant mélange de sensualité et de réalisme brutal, les destins croisés de quatre femmes en 1953, sur fond de coup d’État. On est en Iran. Le film est basé sur des faits politiques et historiques, mais se penche davantage sur la question humaine, identitaire et plus précisément celle des femmes.

Ce film poétique fait directement appel à nos émotions, la poésie de Shirin Neshat frappe fort, elle montre la violence comme seules les femmes peuvent la montrer, sans voyeurisme, sans esthétisme gratuit. Elle suggère plutôt qu’elle montre, qu’il s’agisse du viol, du suicide, ou de la violence physique, on imagine, on s’identifie, cela fait mal. En opposition, elle propose la beauté, souvent métaphorique en créant des espaces paradisiaques, des forêts luxuriantes avec des lumières flamboyantes où l’être va pouvoir retrouver sa liberté en toute plénitude, sans regard pour le tuer ou le soumettre à l’esclavage. Ce temps de pause aura une fin et les personnages devront retrouver leurs destinés. Par cet antagonisme criant, elle signifie que de tels lieux sont possibles mais que de terribles mentalités s’y opposent. (...)

Women Without Men est une belle surprise. Elle a su parfaitement installer ses codes visuels dans un carcan cinématographique classique de 1 h 30. Ce mélange de codes avec ceux du cinéma est si puissant qu’il touche un terrain encore vierge et nous ouvre le regard. On voyage dans les plans toujours très construits, hyper léchés, telle une photographie exposée dans un musée dans laquelle on pourrait entrer, se laisser emporter et voyager. On est dans l’image, la caméra devient notre regard, qui témoigne d’un univers onirique et somptueux avec ses parts de contrastes, de douceur et de violence. C’est dans la surprise que l’on découvre, que l’on apprend. C’est dans l’émotion que l’on intègre. Elle a encore une fois touché cet endroit si précis du cœur qui éveille la conscience. Elle y arrive parfaitement. Cela fait du bien de voir une artiste partager son discours de façon si singulière.

Lectures d'ici et d'ailleurs par Caroline Pierret
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